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25/8/2019
HomeAction publique - Finances publiquesFilière porcine : Lionel Mortini réaffirme la volonté du Conseil exécutif de voir les IGP « Île de beauté » annulées

Filière porcine : Lionel Mortini réaffirme la volonté du Conseil exécutif de voir les IGP « Île de beauté » annulées

Le président de l’ODARC évoque notamment une menace pour les races porcines locales, et le savoir-faire insulaire, mais aussi un risque de confusion, chez le consommateur, entre AOP et IGP. L’exécutif corse veut également éviter de créer un précédent et donc la certification, dans d’autres filières, de produits élaborés avec des matières premières importées. Une décision du Conseil d’Etat sur ce sujet est attendue courant septembre 2019.

Le 30 mai 2018, l’Assemblée de Corse adoptait une motion visant à faire annuler une décision décernant 7 Indications Géographiques Protégées (IGP) « Ile de Beauté » à des produits de salaisons industriels fabriqués par des entreprises corses à base de carcasses de porcs importés. L’objectif était alors d’éviter de mettre « en danger les races locales, le savoir-faire et les agriculteurs fermiers soucieux d’une agriculture de qualité et de production sur la terre de Corse ». Il s’agissait également :

  • de ne pas créer de confusion entre le label AOP, garantissant un niveau de qualité supérieur (races locales notamment), et ces nouvelles IGP ;
  • de prévenir un « risque de contagion » à d’autres filières, et multipliant la certifications de produits élaborés avec des matières premières importées, 

En pratique, l’IGP n’a pas encore été formalisée par Bruxelles, une décision du Conseil d’Etat étant préalablement attendue courant septembre 

Toutefois, lors de la session de l’Assemblée de Corse du 25 avril 2019, Jean-Martin Mondoloni et Xavier Lacombe, au nom du groupe Per l’Avvene, ont rappelé leur opposition à cette démarche, arguant au contraire: 

  • du caractère « éminemment complémentaire » des IGP et AOP (la première garantissant un savoir-faire et la seconde garantissant en plus un lien au terroir) ;
  • du faible nombre de détenteurs porcins ayant adhéré à l’AOP à ce jour (27 sur un total de 411) ;
  • d’une insuffisance de matières premières au niveau local, et donc de la nécessité d’importer (et d’encadrer ces importations).

Dans sa réponse, Lionel Mortini précise la position du Conseil exécutif à ce sujet. Reconnaissant l’existence d’une filière porcine « soumise à une désorganisation criante », le président de l’ODARC à commencé par rappeler quelques chiffres :

  • les éleveurs- transformateurs dans l’AOP représentent à peu près 20 % de l’ensemble de la filière ;
  • les 80 % restant étant constitués de producteurs- transformateurs fermiers et semi fermiers ne souhaitant pas bénéficier de l’appellation AOP ou de l’indication géographique protégée (IGP) représentent 80 % ; 
  • au total, seule une quinzaine d’entreprises de salaisonniers défendrait l’IGP. 

Lionel Martini a ensuite rappelé que la coexistence d’IGP et d’AOP sur un même produit est tout à fait exceptionnelle, et inhabituelle (1 cas sur près de 3000 produits certifiés). Il a enfin réaffirmé sa volonté d’éviter tout effet de bord importants dans d’autres filières, et notamment celle du fromage. La position du Conseil exécutif reste donc la même dans l’attente de la décision du Conseil d’Etat. 

Photo par Annie Spratt sur Unsplash

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