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25/9/2018
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Sebastien Ristori, DAF externe en Corse : « Je suis un apporteur de solutions au chef d’entreprise et à tous les collaborateurs »

Le métier de directeur administratif et financier (DAF) externalisé est en pleine expansion, et la Corse n’échappe pas à cette tendance. Sébastien Ristori, DAF externe, nous présente son activité et son rôle de conseil au dirigeant de PME. En intervenant directement au sein même de l’entreprise, il apporte un conseil complet en matière de trésorerie, de suivi de l’activité, de gestion sociale, etc. La promesse ? Une prestation de qualité avec une flexibilité accrue et un coût inférieur à un DAF salarié à temps plein. 

Nuvalinu : Pourriez-vous commencer par nous parler de votre parcours professionnel ?

Sébastien Ristori : J’ai un parcours empreint des disciplines liées au management et à la finance d’entreprise. Après deux masters, un en administration des entreprises et un en finance, j’ai exercé deux ans comme Manager financier auprès d’une PME locale. J’ai ensuite été recruté comme responsable du contrôle de gestion auprès du groupe Carrefour avant de rejoindre la direction des Pâtes Colomba pour accompagner l’entreprise dans sa restructuration et son développement.

Parallèlement, j’enseigne à l’Université de Corse et à Kedge Business School sur des disciplines de finance, contrôle de gestion, management et stratégie. Ce parcours m’amène par ailleurs sur des formations à l’international, notamment en Europe.

Nuvalinu : Selon certaines publications, la France comptait environ 500 DAF à temps partagé en mai dernier. Savez-vous combien de DAF à temps partagé sont présents en Corse ?

Sébastien Ristori : Le terme juridique exact de « temps partagé » signifie être salarié de plusieurs entreprises à la fois. Dans mon cas, et dans le cas de beaucoup d’autres DAF, c’est la même chose mais le format d’intervention est externe à l’entreprise et non salarié. Il y a deux acteurs locaux qui, en plus d’une activité professionnelle, accompagnent sur des thèmes précis tel que la cession d’entreprise ou le reporting une poignée de TPE. Je n’ai pas encore, à ma connaissance, rencontré de cabinet de direction administrative et financière, au sens large du terme.

Nuvalinu : Très concrètement, quelles sont vos principales missions en entreprise ?

Sébastien Ristori : J’interviens comme un collaborateur de l’entreprise au côté du dirigeant. Ma mission se déroule sur place. J’interviens sur le pilotage de la trésorerie, la prévision, la prospective financière, la mise en œuvre et l’élaboration du reporting journalier, hebdomadaire et mensuel, la mise en œuvre du contrôle de gestion, la gestion sociale, l’intégration des paies voir même, les paies, la mise en conformité RH… toutes les tâches d’un directeur administratif et financier qui doit être polyvalent et surtout détenir une forte compétence financière.

L’avantage pour un employeur est une immense flexibilité, sans supporter le coût salarial chargé d’un collaborateur qualifié

Nuvalinu : Quel mode de facturation appliquez-vous ?

Sébastien Ristori : J’interviens physiquement dans l’entreprise. Je suis un support à l’activité et un apporteur de solutions au chef d’entreprise et à tous les collaborateurs. Le mode de facturation est donc un forfait mensuel, selon les besoins du client, en fonction du nombre de journées d’intervention et des besoins. L’avantage pour un employeur est une immense flexibilité, sans supporter le coût salarial chargé d’un collaborateur qualifié ainsi que les avantages annexes liés à la fonction de cadre, ni les congés payés, les absences ou les frais inhérents à l’embauche ou à la sortie du salarié.

Nuvalinu : Quelle est votre cible, tant en termes de taille d’entreprise que de secteur d’activité, ou de zone géographique ?

Sébastien Ristori : Il n’y a pas de taille d’entreprise ni de secteur d’activité préférentiel. Je m’adresse à toute entreprise qui a besoin d’être accompagnée sur l’organisation administrative, RH et sociale, ou la structuration financière pour piloter l’activité. Les sociétés pourvues d’un D.A.F peuvent faire appel à mes compétences pour structurer l’organisation interne en cas de départ de celui-ci, ou inversement, je peux accompagner une entreprise sur la création d’un poste de D.A.F ou D.R.H dans la perspective d’une embauche à temps plein. J’ai par ailleurs déjà effectué une mission de directeur de transition.

Nuvalinu : Vous considérez comme concurrent des autres conseillers de l’entreprise, et particulièrement des experts-comptables, qui s’orientent de plus en plus vers le conseil ?

Sébastien Ristori : Le métier auquel j’aspirais plus jeune était commissaire aux comptes. Je n’exclus pas, d’ailleurs, d’obtenir ce certificat un jour. Donc bien au contraire, aucun métier support à une société est une quelconque concurrence.

Tout d’abord, l’expertise comptable n’est une obligation pour l’entreprise. Il s’agit de respecter les principes comptables. L’expert-comptable, pour s’assurer sa propre rentabilité, à un portefeuille client élargi. Il lui est impossible d’être présent 8h par entreprise chaque jour de la semaine pour élaborer des reporting et assister les collaborateurs comme un contrôleur de gestion. Ce sont deux métiers différents. L’expert-comptable fiabilise les données et la situation, le financier la prévoit et l’actualise.

Nuvalinu : Selon vous, quelles sont selon vous les principales difficultés rencontrées par les entreprises de Corse ? Et au contraire leurs principaux atouts ?

Sébastien Ristori : Les difficultés économiques sont identiques sur le plan local et sur le plan national. La relance des entreprises dépend de la consommation et dans le cas de notre île, avec 20% de corses qui vivent sous le seuil de pauvreté, un taux de chômage à 11% et un circuit de distribution qui met en concurrence tous les produits (locaux et nationaux), le chiffre d’affaires de nos TPE locales stagne ou peine à se développer.

Parmi les nombreuses difficultés, nous pouvons évoquer l’éternel constat de l’insularité, qui augmente considérablement le coût à l’export. C’est effectivement le cas, puisque nos entreprises maintiennent des prix plus élevés que des concurrents nationaux sur l’île pour assurer leur rentabilité et couvrir leur frais de structure. Ceci dit, le problème n’est pas « l’insularité » : Les entreprises corses rencontrent de fortes carences en compétences commerciales liées à la recherche de débouchés à l’export. Des aides financières existent, mais leurs effets sont sans conséquences si un développement majeur et pérenne n’est pas assuré.

Par ailleurs, les principaux secteurs de l’île sont impactés par des problématiques diverses. Les entreprises du BTP souffrent des délais de paiement du secteur et peinent à financer leur besoin en fonds de roulement et donc à booster leurs investissements. La confiance des financeurs ou des sociétés de crédit sur ce secteur d’activité s’est d’ailleurs beaucoup détériorée. Le tourisme représente 32% du PIB mais ne créé pas d’emplois pérennes. Côté investissement, l’incertitude liée aux saisons touristiques à venir rend fébrile une majorité d’entrepreneurs. Les acteurs de la grande distribution, présents dans le top 10 des plus gros employeurs de l’île absorbent la quasi-totalié du circuit de distribution de nos PME/PMI locales agroalimentaire. Enfin, les secteurs de la pêche et de l’agriculture subissent les contraintes liées à l’export et subissent les mêmes problématiques continentales.

La Corse est condamnée à faire des produits d’excellence pour les distribuer au monde entier

Côté atout, la Corse a enfin tendance à s’ouvrir aux investissements, notamment avec l’arrivée des F.I.P Corse (Fonds d’investissement de proximité), qui apportent un levier financier nécessaire au développement et à la restructuration de nos PME locales. Les chefs d’entreprises sont sensibilisés à ces nouveaux modes de financement qui sont une immense plus-value pour notre île. Enfin, côté qualité et savoir-faire, authenticité et culture, la Corse est condamnée à faire des produits d’excellence pour les distribuer au monde entier. Il ne reste plus qu’à les vendre.

Nuvalinu : Quel regard portez-vous sur les priorités et objectifs du Schéma de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDE2I), document stratégique adopté par l’Assemblée de Corse en décembre 2016 ?

Sébastien Ristori : Ce schéma est un beau travail qui fixe le modèle de développement économique de la Corse, autour de la création d’emploi, du soutien aux entreprises en difficultés au développement de nouvelles activités liées au numérique et à l’export. L’ensemble est très cohérent et il tardait pour la Corse qu’un tel schéma soit mis en œuvre. Concernant l’opérationnalité de la stratégie, il faut mobiliser bien plus d’acteurs qu’ils ne le sont aujourd’hui et rendre visible les actions mises en place, bien que des priorités comme l’accompagnement des entreprises en difficultés soient déjà opérationnelles.

Pour continuer sur l’export, l’accompagnement financier atteindra rapidement ses limites. C’est une immersion opérationnelle, par la formation, par la détection et la mise en relation d’importateurs qui permettra de trouver de nouveaux débouchés et surtout par la formation.

Ensuite, compte tenu de la situation économique de l’île, favoriser les circuits courts pour privilégier les productions locales, renforcer les compétences et le champ d’action de notre banque régionale pour faciliter l’accès au crédit me semblent indispensable pour améliorer l’emploi, le pouvoir d’achat et développer les PME locales.


Pour en savoir plus 

Sebastien Ristori Conseil

 

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