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20/7/2018
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Bastia Ville Digitale 2017 : interview de Jean Leccia, directeur de l’association émaho et responsable de la Corsican Tech

La 7e édition de Bastia Ville digitale s’est tenue du 16 au 21 octobre 2017. Une semaine bien chargée au cœur du quartier de Lupinu, qui a permis de faire découvrir les possibilités créatives du numérique, de transmettre des pratiques et des savoir-faire, de créer des synergies mais aussi de rapprocher les secteurs de l’économie, de la recherche, de l’art et de la culture. Jean Leccia, directeur de l’association émaho et responsable de la Corsican Tech, dresse le bilan de cette manifestation clé. 

Nuvalinu : Quel bilan tirez-vous de cette 7e édition de Bastia Ville Digitale ?

Jean Leccia : Le bilan est plus que positif. Chaque année, nous passons un cap. Je crois que notre événement est vraiment connecté au territoire et qu’il grandit au rythme de l’écosystème. Ceci est dû, je pense, au fait qu’il est né il y a 6 ans d’un véritable besoin ressenti. Notre association, qui œuvre en Corse depuis 2006, a su analyser les besoins et les manques du territoire et Bastia Ville Digitale en a été une résultante : il fallait un événement majeur consacré au numérique en Corse. Le public est de plus en plus nombreux, et ce, malgré le changement de lieu cette année. Nous avions un peu peur de ce « déménagement » , craignant que nos habitués ne s’y retrouvent plus, mais bien au contraire : on peut dire que le fait d’avoir pris nos quartiers à l’Alb’Oru a joué un rôle important dans l’évolution de la manifestation. Le lieu permet d’accueillir les conférenciers et les spectateurs dans un espace plus approprié, plus professionnel. Il permet aussi de recevoir plus de monde, jusqu’à 350 personnes cette année, contre 60 les années précédentes. Cette nouvelle donne va d’ailleurs nous amener à faire des propositions encore plus fédératrices dans les années à venir, nous obliger à grandir. Par ailleurs, nous pensons que l’économie et le social sont indissociables, et nous attachons donc beaucoup d’importance au rôle social de Bastia Ville Digitale. Jouer un rôle dans le nouveau dynamisme d’un lieu comme l’Alb’Oru, au cœur du quartier de Lupinu est aussi un véritable challenge. L’Alb’Oru dispose d’une équipe en son sein, véritablement investie dans son développement, et il nous semble indispensable de montrer que ce lieu est taillé pour accueillir des événements majeurs.

Nous sommes très fier d’avoir fait de Bastia Ville Digitale une manifestation qui réussit à allier initiation aux métiers du numérique, émergence d’entrepreneurs, ateliers, […] conférences, économie du numérique et insertion sociale.

Nuvalinu : Quels ont-été, selon-vous, les principaux moments forts de cette semaine ?

Difficile de dégager des temps forts à cette semaine tant elle a été forte dans sa globalité. La semaine d’ateliers réservée aux scolaires a affiché complet, accueillant plus de 450 collégiens. La journée grand public (la émaho factory) du samedi a aussi été une véritable réussite à double titre. Le public y est venu nombreux et nous avons vu beaucoup de jeunes du quartier, qui sont restés sur place l’après-midi entière. Ce n’était pas évident.

Concernant les conférences, j’ai noté plusieurs temps forts :

  • Les deux heures consacrées à la présentation de 7 startups corses, qui ont suscitées un très vif intérêt du public, avec plus de 100 spectateurs.
  • La journée du mercredi qui a permis d’accueillir les personnalités de l’entrepreneuriat que sont notamment Valérie Orsoni, Adrien Aumont et Didier Rappaport.
  • La journée Quartiers d’Innovation consacrée aux actions structurantes de territoires et dans laquelle plus d’une trentaine d’acteurs locaux ont pu échanger idées, pratiques et projets avec des personnes inspirantes spécialement invitées pour parler de projets ayant vraiment transformés les quartiers.
  • La journée émergence, les Nacelles de l’entrepreneuriat qui a accueilli une vingtaine de jeunes (et moins jeunes) porteurs de projets d’entreprise.

Mais nous ne pouvons pas réduire les temps forts de Bastia Ville Digitale à son simple programme. Les rencontres off entre les différents acteurs de la manifestation ont été tout aussi importantes. Ainsi, certains startupers ont pu tisser des liens forts avec les entrepreneurs invités et je pense qu’il y aura une suite cachée à cette semaine pour nos startups.

Pour finir sur ce point, nous sommes très fier d’avoir tenu notre engagement de départ qui était de faire de Bastia Ville Digitale une manifestation qui réussit à allier initiation aux métiers du numérique et émergence d’entrepreneurs, ateliers pour les enfants et conférences très qualitatives, économie du numérique et insertion sociale.

C’est la première année où la Corse voit 4 startups lever des fonds de manière très significative. Je pense que […] le développement sera exponentiel dans les prochaines années.

Nuvalinu : La présence de médias nationaux, et d’intervenants de très haut niveau, comme Didier Rappaport, est-elle selon vous le signe d’un rayonnement plus large de la Corse, en matière d’innovation et de numérique ? Quelle évolution voyez-vous dans ce domaine ?

Jean Leccia : C’est vrai que c’est la première année que Maddyness a souhaité dépêcher une de ses journalistes sur l’événement. Si nous étions prétentieux, nous pourrions dire que c’est parce que la manifestation commence à se faire un nom. Mais je crois qu’il faut être réaliste : c’est aussi parce que l’écosystème des startups corses commence à avoir du corps. C’est la première année, où la Corse voit 4 startups lever des fonds de manière très significative. Ce qui est très encourageant c’est que le développement de ces startups va motiver d’autres entrepreneurs à se lancer et je pense que dans ce domaine, le développement sera exponentiel dans les prochaines années. Notre événement en sera chaque année la photographie, tout en jouant un rôle primordial de vitrine tournée vers le monde.

Nuvalinu : Comment cette manifestation a-t-elle été perçue par les habitants du quartier de Lupinu, au sein duquel elle se déroulait ?

Jean Leccia : Après avoir échangé de nombreuses fois avec les habitants, je retiens une certaine fierté de voir qu’une manifestation comme celle-ci puisse se dérouler chez eux, alors que généralement les organisateurs ont plutôt tendance à choisir le centre-ville. Nous avons aussi remarqué que bon nombre de jeunes du quartier  sont venus à la journée grand public du samedi, de même que des familles du centre-ville et d’ailleurs, alors que l’inverse n’est pas toujours vrai quand nous organisons des événements au centre-ville. Pour une première édition à Lupinu, je crois qu’on peut être content d’avoir fait venir TOUS les quartiers de Bastia.

Nuvalinu : Avez-vous déjà envisagé certaines évolutions, ou améliorations, pour la prochaine édition ? 

Jean Leccia : Oui bien sûr ! Bien que nous ayons reçus énormément de félicitations  sur l’organisation et son professionnalisme, en interne, nous devons nous améliorer dans certains process. Mais ça, c’est notre cuisine interne. Pour les évolutions visibles, nous allons beaucoup plus travailler sur la médiation auprès des habitants commençant ce travail dès le début de l’année prochaine avec, pourquoi pas, des petits événements avant Bastia Vile Digitale. Pour ce qui est du contenu, je ne vous cache pas que nous avons déjà écrit une nouvelle trame que nous garderons pour nous pour l’instant. Nous avons pour habitude de finaliser le programme définitif dans les derniers mois précédant la manifestation pour coller au plus près des besoins de l’écosystème, du territoire et de ses habitants. Pour résumer, nous devons avoir la même agilité que l’écosystème dont nous souhaitons être la vitrine.


Pour en savoir plus 

Dossier Bastia Ville Digitale 2017 sur Nuvalinu :

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