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15/9/2019
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Dossier Bastia Ville Digitale : 5 exemples d’innovations réussies dans les quartiers prioritaires de France

A l’occasion de la tenue de l’édition 2017 de Bastia Villa Digitale, en plein coeur du quartier de Lupino, nous vous proposons un dossier consacré à la création d’entreprise et à l’innovation dans les quartiers prioritaires de la politique de la Ville. Cet article revient sur 5 exemples d’innovations sociales et économiques, souvent menées au niveau associatif, dans des quartiers vus comme « difficiles ». De possibles sources d’inspiration pour la Corse ? 

Le commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) a publié en mars dernier une étude sur l’innovation dans les quartiers de la politique de la ville. Suite à cette étude, un lab « innovation et territoires » permettant de valoriser les bonnes pratiques et de structurer une communauté d’acteurs autour de l’innovation comme moteur de développement économique et d’emploi dans les territoires a même été mis en ligne. Nous vous proposons de revenir sur  5 bonnes pratiques qui ont fait leurs preuves dans différents quartiers prioritaires de France.

Simplon Roubaix

Constat: Une grande partie de la population souffre de difficultés d’accès à l’emploi, notamment liée à l’absence de qualification dans les secteurs qui recrutent. Par manque de formation (en particulier au code), les publics en insertion n’ont que très peu accès au secteur du numérique, pourtant source de recrutements.

Projet: Simplon propose une nouvelle manière de faire de l’aide à l’insertion économique, à travers une formation atypique au code touchant un public jeune très éloigné de l’emploi. La formation dispensée dans le cadre de Simplon vise à concilier une approche pédagogique innovante et ouverte :

  • Un recrutement ouvert à tous et reposant essentiellement sur la motivation (pas de prérequis scolaires), sans limite d’âge
  • Une formation resserrée sur un temps court (6 mois) vise à donner de solides bases pour les métiers du code.
  • Une formation professionnalisante avec un accompagnement à la sortie de la formation
  • Une approche pédagogique très concrète et opérationnelle qui accorde une grande importance aux travaux à réaliser
  • Une mobilisation des outils informatiques qui fait écho à des pratiques et centres d’intérêts plus dévéloppées chez un public jeune.

Résultats: Sur 1 an, une cinquantaine de personnes ont bénéficié de la formation. Les taux de sortie à la fin de la première promotion sont encourageants :

  • 13 personnes en stages pour 6 mois dans des entreprises ou start-up, avec promesses d’embauche.
  • 1 personne en CDI en tant que directeur technique.
  • 6 personnes en incubation pour lancer leurs projets à EuraTechnologies.
  • 2 personnes en free lance qui ont déjà plusieurs contrats.

StudiObjet

Constat:  Une situation de forte précarité des populations issues de quartiers prioritaires et un taux de chômage élevé. L’existence de compétences techniques pas ou peu mises à profit.

Projet: StudiObjet est un incubateur de projets techniques qui soutient le développement d’entreprises par les habitants des quartiers prioritaires et les bénéficiaires du RSA. Le dispositif propose à ses bénéficiaires un espace de coworking :

  • un hébergement et un lieu dédié à l’expérimentation :
    • une plateforme technique de 300m², avec 10 machines mises à disposition des porteurs de projets
    • un espace de coworking modulable, pouvant accueillir 15 personnes.
    • un bureau adapté pour les rendez-vous.
    • des actions de découverte des métiers techniques par la pratique et la mise au point de prototypes ou maquettes
  • un accompagnement du parcours de création :
    • parcours de quatre mois pour la réalisation des maquettes et prototypes et de huit mois pour la structuration du projet
    • mise en réseau, possibilité de rencontrer les experts de StudiObjet et du réseau régional de la création d’entreprise
    • formations animées par des spécialistes, appui juridique pour la constitution des statuts.

Résultats: Le projet a permis des création d’emplois grâce à la structuration d’entreprises individuelles ou collectives. En parallèle, le dispositif a permis de jouer le rôle de tremplin vers l’emploi ou un retour à une formation de nombreuses personnes incubées depuis 2008.

Adive

Constat : La démarche de l’Adive (Agence pour diversité entrepreneuriale) est une réponse au taux de défaillance élevé des entrepreneurs des quartiers. Son objectif premier est d’aider ces entreprises à accéder à de nouveaux marchés.

Projet : Concrètement, cette association propose un dispositif permettant de mettre en relation les entrepreneurs avec les services achats des grandes entreprises de leur territoire:

  • sourcing et référencement approfondi des entrepreneurs locaux en partenariat avec les clubs d’entreprises locaux, les pépinières d’entreprises, les collectivités
  • mise en place de programmes de mécénat de compétences avec les entreprises cotisantes pour accompagner les entrepreneurs.
  • sensibilisation des entreprises aux pratiques d’achats responsables dans le cadre de leur politique RSE
  • mise en place de formations collectives ou individuelles
  • promotion auprès des collectivités et des élus, pour la mise en valeur de l’entrepreneuriat des quartiers comme source de développement économique et d’emplois.

Résultats : Entre 2010 et 2014, 1000 entrepreneurs ont pu se positionner sur des appels d’offre et 300 ont pu remporter des contrats grâce à l’action de l’Adive. Entre 75 et 100 entrepreneurs par an ont pu bénéficier du programme « Créarif Développement » depuis son lancement. 390 entrepreneurs ont été mis en relation avec des acheteurs au titre du programme « Qualifions nos Quartiers », tenu à l’été 2016.

La maison pour rebondir

Constat :  La Maison pour Rebondir a pour objectif de briser le « mur de verre » entre acteurs de l’insertion et entreprises, ces dernières connaissant souvent mal les problématiques de l’insertion et ayant tendance à recruter des profils similaires.

Projet: La Maison pour Rebondir joue un rôle de passerelle et d’accompagnement entre le monde de l’insertion et les entreprises du groupe Suez et propose également des programmes d’aide à la création d’entreprises.  Ainsi, des postes sont réservés au sein du Groupe Suez pour les personnes qui sont en difficulté d’accès à l’emploi. De l’autre côté, La Maison pour Rebondir travaille en partenariat avec les structures sociales du territoire pour identifier les bénéficiaires et organise des ateliers, de l’accompagnement individuel, des rencontres avec les employeurs, des visites de site, pour accompagner leur recrutement.

Résultats : De 2012 à fin 2015, 110 personnes ont été accompagnées et ont intégré un parcours d’insertion au sein
de la Maison pour Rebondir. 65 porteurs de projets ont été accompagnés dans le cadre de créations d’entreprises. Des projets divers d’entrepreneuriat social ont été hébergés : Ma petite entreprise en Aquitaine (12 personnes accompagnées dans leur remobilisation vers l’emploi fin 2015 et début 2016), le projet Catapulte (accompagnement de 10 entrepreneurs pendant 2 mois à la fin de l’année 2015), le projet PromoFemme, le projet « 100 chances 100 emplois », etc.

Agence Nouvelle Cour

Constat: L’agence Nouvelle cour aide les jeunes diplômés en communication issus du quartier de la Courneuve à franchir la « double barrière » qui les empêche d’accéder à leur premier emploi :

  • le manque d’expérience professionnelle
  • la discrimination de certains employeurs vis-à-vis de leurs origines, de leur diplôme ou de leur adresse

Le projet : Concrètement, « Nouvelle Cour » est une agence de communication créée en 2006 sous forme associative. Elle propose une première expérience professionnelle à des jeunes issus du BTS « Communication des entreprises » d’un établissement proche en les embauchant en CDI pour une durée de deux ans. Cette première embauche leur permet de se  professionnaliser et d’avoir accès à de nouvelles opportunités par la suite.  En pratique, les chefs de projet sont recrutés en CDI et signent un contrat moral stipulant qu’ils quitteront l’agence au bout de deux ans pour laisser place à d’autres jeunes diplômés.

Résultats :  L’agence Nouvelle Cour est économiquement viable. 6 jeunes diplomés sont actuellement en poste en CDI, et 12 chefs de projets ont pu être simultanément en poste, grâce aux marchés remportés par l’agence.


Suite du dossier Bastia Ville Digitale

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