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25/6/2019
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Interview de Christian Franchi, nouveau directeur de l’incubateur EmancipaCorsa

EmancipaCorsa, incubateur d’entreprises privé fondé par deux corses, a récemment annoncé la nomination de Christian Franchi au poste de directeur de la structure. Selon le communiqué qui a annoncé sa nomination, ce nouveau poste « est une réponse directe à la demande toujours plus croissante d’accompagnements de porteurs de projets au sein de l’incubateur ». Christian Franchi répond à nos questions concernant ses priorités au sein de l’incubateur et sa vision de l’économie de la Corse.

Nuvalinu : Pourriez-vous nous parler de votre parcours professionnel ?

Christian Franchi : A 23 ans et étant encore étudiant on peut difficilement parler de parcours professionnel, mais plutôt d’expérience. Hors les emplois saisonniers coutumiers à la majorité des 16-24 ans, c’est véritablement à mon arrivé à l’Università Di Corsica que j’ai découvert plusieurs choses et notamment lorsque je suis rentré dans le syndicat étudiant Ghjuventù Paolina. J’y ai appris à monter des dossiers, préparer des conseils, apporter des idées et créer les moyens d’action pour les concrétiser. Ce sont des choses que l’on retrouve dans le milieu de l’entrepreneuriat finalement. J’ai également fait partie de l’association Aiutu Studientinu ce qui m’a beaucoup apporté sur le côté humain, solidaire et qui m’a fait comprendre beaucoup de choses. En réalité je pense que ces expériences-là valent autant que des expériences professionnelles par la rudesse du travail à fournir et la difficulté à se faire entendre.

À côté de cela je suis en Licence professionnelle spécialisée dans l’entrepreneuriat avec le statut d’étudiant entrepreneur et j’ai créé ma propre entreprise « GEOGO », spécialisée dans la géolocalisation et le transfert de données grâce au réseau des objets connectés.

Ma priorité est de montrer […] qu’il est possible d’entreprendre sur notre île et de réussi à faire de la Corse un centre d’impulsion économique

Nuvalinu : Quel va être votre rôle au sein d’EmancipaCorsa ? Quelles seront vos priorités ?

Christian Franchi : Mon rôle va consister à superviser et à organiser l’ensemble des accompagnements sur notre territoire. Dis comme cela, ça n’a pas l’air compliqué mais lorsque vous devez gérer plus d’une cinquantaine de projets cela commence à se corser. Heureusement nous avons une nouvelle équipe de responsable d’antenne qui fonctionne bien et des experts qui répondent toujours présent lorsque nous avons besoin d’eux.

Ma priorité est de montrer à l’ensemble du peuple corse, peu importe l’âge ou les diplômes obtenus, qu’il lui est possible d’entreprendre sur notre île et de réussir à faire de la Corse un centre d’impulsion économique.

Nuvalinu : Le SRDE2I, voté par l’Assemblée de Corse, prévoit de renforcer le rôle de l’incubateur public Inizià. Cette décision a-t-elle un impact sur la stratégie ou le positionnement d’EmancipaCorsa ?

Christian Franchi: Cette décision n’a aucun impact sur nous dans la mesure où l’incubateur Inizià relève du domaine public et est donc soumis à des quotas et des restrictions d’accueils. Il est au contraire très important que la Collectivité territoriale de Corse mette en avant Inizià car il s’agit d’un outil non négligeable et j’ai une pensée pour « Icare Project » de Jérémy Neyrou qui fait partie des incubés d’Inizià.

Nuvalinu : Quels conseils donneriez-vous à un porteur de projet désireux de concrétiser son idée en Corse ?

Christian Franchi : Je lui donnerai le même conseil que l’on m’a donné il y a trois ans : « Crois en ton projet et donne-toi les moyens de le concrétiser. »

Nous devons comprendre comment faire cohabiter activités traditionnelles et nouvelles activités

Nuvalinu : Plus globalement, quel regard portez-vous sur l’économie de la Corse ? Sur les dispositifs d’accompagnement existants ?

Christian Franchi : Je regarde notre île et j’ai de l’espoir, j’ai l’espoir qu’un jour les mots de Jean Jacques Rousseau « J’ai quelque pressentiment qu’un jour cette petite île étonnera l’Europe » prennent tout leur sens et que la Corse devienne un acteur important de l’économie. Je sais que c’est présomptueux et que beaucoup vont grincer des dents et mettre cette idée sur le compte de ma jeunesse mais si nous nous efforçons d’œuvrer avec bienveillance pour le développement économique de notre île il n’est pas impossible qu’un jour nous étonnions plus que l’Europe. Cela ne veut pas dire bétonner et industrialiser l’ensemble du territoire, au contraire, cela veut dire que nous devons comprendre comment faire cohabiter les activités traditionnelles avec les nouvelles activités et pourquoi pas réussir à créer des interactions.

Je pense que le temps est venu de faire front commun et d’être sur une politique d’accompagnement commune afin de pérenniser la ligne directrice de développement économique de la Corse voulue par la Collectivité territoriale de Corse.


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